Ils impriment des mains en 3D pour les handicapés

Publié le par Ouest France

Ils impriment des mains en 3D pour les handicapés

Caenpus. Quatre étudiants de l'Institut d'administration des entreprises ont lancé un projet de fabrication de prothèses de main, sur-mesure et personnalisables, grâce à l'impression en 3D.

L'initiative

À la rentrée 2015, quatre étudiants en master 1 diagnostic et management des organisations (DMO), à l'Institut d'administration des entreprises (IAE), ont lancé un projet tuteuré de fabrication de prothèses de main imprimées en 3D : E-Nable Caen.

E-Nable Caen est un collectif rattaché à l'association française du même nom. Ce mouvement est né aux États-Unis, en 2014. Il permet de mettre en relation les personnes souffrant d'un handicap, et ayant besoin d'une prothèse, avec les « makers », les constructeurs qui possèdent une imprimante 3D.

E-Nable Caen fait aujourd'hui partie des makers et a reçu un prix du challenge Alumni des projets tuteurés de l'IAE de Caen.

Un projet philanthropique.

« On est parti d'une idée, l'impression 3D, pour construire un projet social. Et nous sommes tombés sur E-Nable, explique Thomas Alibert. E-Nable, c'est avant tout un projet participatif. On propose un service pour la personne : offrir une prothèse de main à celui qui en a besoin, avec zéro dépense pour le bénéficiaire, grâce à ce projet que nous avons monté à l'IAE », poursuit-il.

La prothèse a une valeur fonctionnelle, elle permet de récupérer un peu de mobilité. Par exemple, tenir un guidon de vélo. « Elle joue surtout un rôle social, particulièrement pour l'enfant. La prothèse étant faite sur mesure et customisable, renchérit Jeanne Grimoult. Et grâce au coût zéro, il est possible d'en refaire une régulièrement. »

Trente heures d'impression pour une prothèse

Le bénéficiaire de la prothèse télécharge son modèle via E-Nable. Il est ensuite réorienté vers le maker le plus proche. Les mains sont fabriquées à partir du fichier numérique que l'imprimante lit, puis construit.

Elles sont faites en plastique et sont assemblées chez le maker. « L'impression d'une prothèse de main réclame une trentaine d'heures et demande des compétences techniques que nous avons acquis au fur et à mesure. On a un peu tâtonné au début, se souvient Anselme Cléron. Les mains que nous imprimons sont des mains mécaniques, il n'y a pas d'électronique », précise-t-il.

« Monter ce projet, c'est permettre une plus grande proximité avec les personnes en situation de handicap, et surtout permettre l'accès à une technologie nouvelle qui offre de nombreuses potentialités », conclut Thomas.

Maintenant que le projet est en place, l'objectif de cette année est de donner une prothèse de main à un enfant.

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