dans les coulisses du difficile métier de vendeur à domicile

Publié le par V.F

dans les coulisses du difficile métier de vendeur à domicile

L’accueil se veut princier avec déroulé du tapis rouge à l’entrée. Samedi, l’étage du restaurant le Barkey’s Pearl, rue Saint-Sauveur, s’est transformé en salon de la vente directe. Quatorze exposantes y proposent leurs produits à des prix attractifs. Et de ceux que l’on ne trouve pas au supermarché du coin. « Des bougies, des bijoux, des thés, des jeux de société, des produits bien-être, de la lingerie, du parfum, des chaussures », énumère Sabrina Delaval, l’organisatrice du salon.

Déjà dans le secteur économique de la vente, elle est devenue VDI (Vendeuse à domicile indépendant) il y a un an pour l’entreprise de cosmétiques LR, grâce « à ma belle-sœur, qui m’a fait démarrer ». Le parrainage, c’est l’une des premières étapes du business de la vente directe, en forte croissance depuis plusieurs années.

Chaque VDI est son propre patron. « Les objectifs, c’est nous qui nous les fixons », assure Martine, qui travaille pour une marque d’ustensiles de cuisine. En fonction des enseignes, les nouvelles conseillères de vente débutent avec un kit de démarrage, « sans être obligées d’investir ». Pour Sabrina, les avantages sont nombreux : « J’ai le choix de mes horaires de travail et je peux profiter de mes enfants. »

« Pas de rémunération stable »

Le plus long, c’est sans aucun doute « la prospection de nouveaux clients. Il faut essayer d’élargir sa zone géographique », relate une VDI. Des réunions à domicile à Internet, le démarchage est varié. « On apprend à ne pas s’arrêter au non d’un client potentiel. Un non amène un oui », retient Sabrina.

Côté rémunération, le statut de VDI permet d’en faire « une activité complémentaire ou un temps plein, selon la motivation des personnes ». Entre 200 et 800 € par mois pour les compléments de revenus. Voire jusqu’à 2 000 € pour les plus investies. Mais la marche est haute.

Sabrina se dégage en moyenne 300 € par mois. « J’ai une collègue qui vend des bougies depuis trois ans, elle dépasse le plafond de revenus et elle a changé de statut. » Les VDI qui marchent bien peuvent effectivement se voir proposer par la société qui les coache de passer sous le régime des autoentrepreneurs.

Christiane, elle, vend des parfums de la marque Hélya depuis deux ans. Une activité de complément bienvenue pour cette jeune retraitée qui perçoit 20 % sur la vente, soit « 200 € maximum » par mois, glisse-t-elle.

Catherine, qui travaille pour trois enseignes différentes, touche moins de 1 000 € par mois. « J’aimerais bien gagner un peu plus », confie-t-elle. Car si la vente directe repose aussi sur le concept désormais connu du « travailler plus pour gagner plus », mâtiné d’un système de cooptation qui peut parfois dérouter, la route est souvent longue avant de tirer un salaire pérenne.

Ainsi, Mohamed Slimani, directeur territorial de Pôle emploi, se montre très réservé. « Nous ne prenons jamais ce type d’offres. Le paiement par commissions pose encore problème et ne garantit en rien une rémunération stable pour le demandeur d’emploi. » Et de livrer un petit conseil : « Bien lire le contrat » avant de le signer.

V. F.

Infos pratiques

En savoir plus sur la vente directe : www.fvd.fr

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