Marc Simoncini, un entrepreneur entreprenant

Publié le par Cormoran

Marc Simoncini, un entrepreneur entreprenant

L'ancien patron du site de rencontres Meetic est comme les chats, il a eu plusieurs vies. Après avoir investi dans une centaine de start-up, le quinquagénaire a lancé un site de lunettes, produit des films et va commercialiser des vélos, une autre de ses passions...

On avait quitté l'entrepreneur au mitan des années 2000, auréolé du succès du site de rencontres Meetic. Marc Simoncini était l'homme qui avait révolutionné la rencontre amoureuse. Il avait empoché 100 millions d'euros et faisait partie de cette première vague d'entrepreneurs dont le numérique a fait la gloire, comme ses copains, les Xavier Niel ou Jacques-Antoine Granjon, avec lesquels il a monté une école pour les non-bacheliers. Dix ans plus tard, dans ce resto du 8e arrondissement où Marc Simoncini a ses habitudes, il cherche encore et toujours de nouvelles idées. Entre deux bouchées de turbot, les tempes à peine grisonnantes, il se livre sans réticence. « Je fonctionne par cycles : Meetic pendant 10 ans, puis le fonds d'investissement Jaïna et aujourd'hui, le lancement des lunettes Sensee, qui devraient m'occuper encore quelques années », détaille l'homme d'affaires.


Des idées, il continue à en produire à la minute : il s'est lancé dans le cinéma (Reborn) où il a produit le film de son ami d'enfance, Arnaud Viard. « Il m'avait demandé de l'aider à financer son premier film " Clara et Moi " (avec Julie Gayet, NDLR) mais en 2003, je ne pouvais pas. Alors, quand il est revenu 10 ans après avec " Arnaud fait son 2e film ", j'y suis allé », raconte l'entrepreneur, qui développe quatre autres longs-métrages. « Que des coups de coeur, des films d'auteurs ». Dont un sur la crise de la cinquantaine qui le passionne, lui qui vient de divorcer et voit ses amis touchés par les remises en question. Et un autre sur Pablo Neruda avec Gael García Bernal.

1.200 km à vélo

Il va aussi commercialiser des vélos, son autre passion, avec la lecture. Chaque année, il traverse un coin de la Thaïlande, 1.200 km en petite reine. C'est d'ailleurs la métaphore qu'il emploie quand on lui demande ce qui le fait courir ou, dans son cas, plutôt rouler : « Dès que je m'arrête, je tombe. Il faut toujours avancer et moi, mon chemin, il est comme ça. Je me lasse très vite. Quand vous avez compris un truc, ce n'est pas la peine de continuer, sauf si c'est une passion. Moi, bien avant de créer des boîtes, je rêvais d'être éditeur : ce que j'aime, c'est lire, découvrir des auteurs. Sauf qu'être lecteur, ce n'est pas un métier. Alors qu'entrepreneur, ça ne s'arrête jamais : dès qu'on voit un problème, on imagine une opportunité ».


Et il a le talent de s'en être créé. Autodidacte, le jeune homme ne brille pas par une scolarité éblouissante sur les bancs de l'école, à Dijon (21). Mais il imagine sa première entreprise à 22 ans : « Je développais des logiciels pour les journaux, que je démarchais avec ma vieille R5. J'envoyais des télex ». Une autre époque. Premier gros succès : la revente du portail iFrance à Jean-Marie Messier (Vivendi), en 2000.

Un adepte du système D

L'homme est adepte du système D, qu'il transmet à ses deux ados. « C'est un bon ADN dans la vie et un entrepreneur, il faut qu'il se débrouille ». Il est aussi connu pour ses coups de gueule, ses colères, ses piques. « On est bon en France, parce que c'est un pays tellement compliqué qu'il faut qu'on s'adapte en permanence. Quand j'ai dit à une ministre " merci de compliquer le pays, ça nous rend plus performant ", elle était furieuse ! Idem à propos de Dukan, le nutritionniste qui a lancé le régime phare des années 2000 et chez qui il a investi quelques subsides. Ils sont aujourd'hui en procès. « J'ai bossé dans ma vie avec des milliers de gens, des honnêtes, des moins honnêtes mais lui, c'est une caricature », s'offusque le quinquagénaire.

« Je dirais oui à tout »

À côté de ça, cet enthousiaste fonctionne au coup de coeur et continue de se passionner pour les jeunes entrepreneurs, à travers son fonds d'investissement Jaïna Capital, qui reçoit tous les jours une dizaine de projets. Certains ont abouti à de belles réussites comme OuiCar, Melty, Devialet... d'autres ont sombré. « J'aurais gagné plus si j'avais tout mis en banque et si j'étais parti pêcher aux Seychelles », raconte, avec humour, l'entrepreneur qui adore mettre son énergie à voir aboutir les projets. « J'ai une équipe pour trier les dossiers et je rencontre ensuite ceux qu'ils ont sélectionnés. Je les paie surtout pour me faire dire non, sinon je dirais oui à tout ! ». D'ailleurs, récemment, il a dit oui à une nouvelle histoire d'amour, puisqu'il s'affiche avec la comédienne Hélène de Fougerolles. L'anecdote ne dit pas comment ils se sont rencontrés.

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